Figma Vectorize la fausse bonne idée ?
16 févr. 2026

Figma vient de mettre à jour sa présentation marketing avec Vectorize, et franchement ? C'est tentant. La promesse est séduisante : convertir vos croquis en vecteurs propres, sans basculer sur Illustrator ou autres outils. Fini le passage d’un outil à l’autre, tout se retrouve au même endroit.Sauf que... quand on regarde sous la surface la réalité technique est un peu moins belle.
Pourquoi Vectorize ? L'ambition derrière la fonctionnalité
Figma joue gros ici. L'objectif ? Transformer votre flux créatif de A à Z : du croquis rapide à l'asset final prêt pour la prod.
On parle de :
Convertir des dessins au crayon en illustrations vectorielles exploitables
Transformer du lettrage manuscrit en logo modifiable et reproductible
Capturer des textures organiques pour les injecter dans vos composants
En théorie, c'est du pur génie. En pratique... c'est plus compliqué.
Le test : entre promesses et rendu réel
Là où ça devient intéressant (et un peu déprimant), c'est quand on examine vraiment les tracés générés. Parce que oui, le résultat ressemble à ce que vous vouliez. Mais la sous-surface vectorielle ? C'est une autre histoire.
Prenez l'image de démo officielle « Blooming ».

Image de démonstration "Blooming" sur le blog de Figma
Voici ce qu'une analyse rigoureuse de Nicholas van der Walle révèle :
Métrique | Attentes | Réalité | Impact |
|---|---|---|---|
Points par forme | Environ 50 pour une forme simple | +2900 | Fichier lourd |
Structure des tracés | Courbes de Bézier propres | Masques et groupes multipliés | Impossible à modifier facilement |
Optimisation | Zéro noeud inutile | Noeuds isolés | Nettoyage manuel chronophage |
Figma vs la concurrence : où ça cloche
Comparez ça à Adobe Illustrator ou Vector Magic : ces outils offrent des réglages granulaires (seuils de bruit, précision des angles) et des fonctions de nettoyage natif (fusion de tracés, simplification automatique).
Figma ? Pour le moment, vous avez le résultat brut et... c'est à vous de vous débrouiller.
Le vrai problème : c'est payant
Là, ça pique un peu.
Chaque utilisation de Vectorize consomme des crédits IA (plan Professionnel, Organisation ou Entreprise obligatoire).
Vous payez donc une fonctionnalité qui génère des tracés... inexploitables en production.
C'est un peu comme payer quelqu'un pour vous laisser plus de boulot.
Mathématiquement, la proposition de valeur est fragile.
Le verdict : un outil de prototypage, pas (encore) de production
Vectorize, c'est excellent pour :
Prototypage en basse-fidélité (lo-fi)
Explorations rapides et itérations
Démocratiser le design vectoriel
Vectorize, c'est problématique pour :
Le design de production avec assets optimisés
Pipelines où la légèreté vectorielle compte
Travail en équipe dev/design
Le truc à retenir : tant que Figma ne proposera pas de simplification automatique des courbes de Bézier les professionnels sérieux continueront à reconstruire manuellement leurs tracés.
Oui, c'est moins glamour. Oui, ça prend plus de temps. Mais les assets générés sont propres, légers, scalables. Et ça, ça paye.
